Également qualifiée d'agriculture « écologique » ou « biologique », l'agriculture biologique place l'environnement, le bien-être animal, la qualité des aliments, la santé humaine et les objectifs socio-économiques au cœur de ses priorités. Mais au-delà du fait de ne pas utiliser d'engrais chimiques ni de pesticides, que font concrètement les agriculteurs biologiques, et pour quelles raisons ?
Des systèmes mixtes et diversifiés
Cultiver continuellement les mêmes cultures, ou uniquement des cultures arables, sur une même parcelle peut favoriser la prolifération des mauvaises herbes, des ravageurs et des maladies, tout en épuisant les nutriments du sol. C'est pourquoi les fermes biologiques s'appuient sur une grande diversité de cultures et d'animaux. Ceux-ci font l'objet de rotations à travers l'exploitation afin de briser les cycles des ravageurs et des maladies, et de renforcer la fertilité des sols.
Idéalement, un équilibre est recherché entre les cultures qui enrichissent le sol en nutriments et en fertilité (comme le trèfle, qui fixe l'azote) et celles qui puisent ces nutriments lors de la récolte. Les prairies, où paissent les animaux, constituent souvent un pilier essentiel d'une ferme biologique. Elles s'auto-fertilisent en fixant l'azote, tandis que le fumier des animaux restitue des nutriments à la terre.
Selon la Soil Association Scotland, les agriculteurs qui cultivent des terres de plaine obtiennent de meilleurs rendements si leurs sols ont été enrichis par l'élevage. Le pâturage du bétail contribue également à la gestion des prairies en limitant la propagation des mauvaises herbes.
Ces exploitations biologiques et diversifiées favorisent grandement la biodiversité : il a été démontré qu'elles abritent une plus grande variété de plantes et de fleurs, ainsi qu'une population plus dense de vers de terre, d'insectes, de papillons et de certaines espèces d'oiseaux. Beaucoup de ces insectes, tels que les abeilles et les syrphes, participent à la pollinisation des cultures et s'avèrent donc indispensables à notre système alimentaire. Ils permettent également aux agriculteurs de réaliser d'importantes économies : on estime que si l'agriculture écossaise devait remplacer le travail naturel de ces pollinisateurs, le coût s'élèverait à environ 43 millions de livres sterling.
Des sols sains et une gestion naturelle des ravageurs
Selon The Soil Association, les sols cultivés en agriculture biologique présentent, en moyenne, des taux de matière organique supérieurs de 21 % à ceux des sols non biologiques. Le sol est le capital le plus précieux de l'agriculteur, en particulier pour les producteurs biologiques qui ne peuvent pas recourir aux engrais de synthèse. À la place, ils emploient des méthodes naturelles pour préserver la structure, l'activité biologique et la fertilité de la terre. Des engrais organiques, issus de l'élevage ou sous forme de compost, sont régulièrement appliqués sur les sols, permettant ainsi de recycler les nutriments provenant de l'alimentation et de la litière des animaux, ainsi que des fanes de légumes et des herbes indésirables.